Une fois n’est pas coutume, je vais m’écarter un peu de mon thème de prédilection, pour évoquer un sujet un peu plus vaste : l’agriculture. Inspiré par le point de vue très intéressant de M. Pierre Rabhi, qui se définit comme écrivain et paysan, publié ce matin 16 mars dans Le Monde (ici).

En bref, on nous rappelle que l’agriculture respectueuse de la nature et de l’environnement n’est pas « une obsession pour la destruction de notre puissance agricole qui serait remplacée par la possibilité donnée aux bobos d’aller faire leurs courses à la ferme dans le cadre des circuits courts », comme affirmé par un ancien Président de la République, mais bien une solution d’avenir, non pas pour préserver la nature ou pour préserver les envies de nature des « bobos », mais pour préserver l’humanité.

Cette forme d’agriculture s’appuie sur un paradigme très différent de l’agriculture actuelle : polyculture face à monoculture et équilibre de l’écosystème face à aseptisation de la terre par l’association des pesticides et des engrais. Ce changement est nécessaire, car (1) il est prouvé que l’agriculture industrielle a largement épuisé les sols (le rendement agricole français a baissé depuis 2009), (2) les agriculteurs, se positionnant sur les mêmes segments de marché que les producteurs à très bas coût dans des pays où le coût de la vie est moindre, n’arrivent plus à vivre de leur métier et (3) les rendements de ce nouveau type d’agriculture sont largement équivalents à ceux de l’agriculture industrielle. Un autre article intéressant à ce sujet, par Marc Dufumier, ingénieur agronome à AgroParistech (ici).

Et les salamandres dans tout ça ? Effectivement, je ne perds pas le nord. Les pesticides, qui ont beaucoup affecté les populations d’abeilles, affectent l’air, l’eau et le sol, et tous les animaux qui y vivent. Ainsi, les amphibiens, dont l’épiderme est perméable, absorbent beaucoup plus rapidement que d’autres animaux ces substances, et leur population s’en fait ressentir. Aussi, la reconfiguration des parcelles agricoles pour l’agriculture industrielle, i.e. les énormes terres plates, nues en hiver, où aucun insecte ne subsiste, ne fait pas un très bon habitat pour elles. Mais encore une fois, au delà des salamandres, c’est l’avenir de l’Homme qui est en jeu.

RS