La reproduction de l’un des animaux les plus menacés de la faune européenne est toujours une bonne nouvelle. Et tant pis si elle n’a lieu qu’en captivité. Le triton de Montseny (Calotriton arnoldi), est un habitant du parc du même nom, en Catalogne. Son aire de répartition ne fait que 20 km2, et il ne resterait que 1000 à 1500 individus dans la nature. En effet, l’assèchement de son habitat, les routes et la déforestation le menacent très sévèrement.

Une première reproduction du triton de Montseny hors de Catalogne

Le zoo de Chester, en Angleterre, est la première institution en dehors de Catalogne à s’impliquer dans la sauvegarde de ce triton. D’après Frances Carbonnell Guira, une biologiste catalane, les programmes d’élevage en Catalogne ont permis de réintroduire près de 2000 individus lors des dernières années. Tous ne survivent évidemment pas, mais les population se sont stabilisées au cours des 10 dernières années.

Un comportement sexuel très particulier

La reproduction suit un processus très codifié, débouchant sur ce qu’on appelle un amplexus. Le mâle et la femelle s’enroulent l’un autour de l’autre. Ils peuvent rester ainsi à se retourner pendant des heures (voir la vidéo ici). Certaines espèces, comme le triton à peau rugueuse de la côte ouest américaine (voir notre article à son sujet ici) peuvent former d’énormes « boules d’amour » (ou orgies), comme sur cette vidéo (ici).

Encore un succès pour les zoos dans l’élevage de salamandres !

Ceci prouve encore que les zoos restent parmi les plus importantes institutions dans la sauvegarde d’animaux menacés, comme détaillés dans notre article sur les travaux du zoo de Vincennes sur la sauvegarde du triton alpestre de Bosnie (voir ici), ou encore les efforts de certains zoos américains dans la sauvegarde des espèces locales comme le ménopome, sorte de salamandre géante des rivières de l’est du pays (voir ici). Il est néanmoins important de noter que les zoos, malgré leurs moyens considérables déployés, obtiennent moins de succès que certains particuliers. En effet, les salamandres et tritons aiment qu’on les laisse tranquille, ce qui est peu compatible avec la nécessité de les montrer au public. C’est aussi incompatible avec les conditions d’hygiène drastiques en vigueur. En effet, nettoyer l’habitat tous les jours est incompatible avec la quiétude de ses habitants. Les particuliers, au contraire, préfèrent créer un écosystème autonome, puis y introduire les salamandres et tritons.

AP