Le Japon, terre promise des salamandres

Le Japon, malgré sa taille relativement réduite, est un paradis des salamandres. En effet, il abrite le triton à ventre de feu (Cynops pyrrhogaster), relativement commun dans les animaleries. Il abrite aussi la salamandre géante (Andrias japonicus, voire ici), l’un des plus gros amphibiens existant sur terre. Mais surtout, il est le domicile de 29 espèces de salamandres d’une famille très intéressante, les Hynobius.

Hynobius dunni

La Salamandre d’Oita, un Hynobbidé japonais

L’Hynobius, salamandre japonaise par excellence

Les origines de cette famille remontent au Crétacé, il y a envions 110 millions d’années. Elle a vu le jour dans le centre de la Chine actuelle. Depuis ses hautes montagnes natales, cette famille a colonisé toute l’Asie tempérée, jusqu’en Sibérie au nord, en Asie Centrale et au Moyen-Orient à l’ouest, et au Japon à l’est. Et c’est justement au Japon, où ces salamandres sont étudiées depuis longtemps, qu’on a découvert une nouvelle espèce. Elle a été nommée Salamandre de Mikawa, ou Hynobius mikawaensis pour les intimes. C’est la première fois depuis 1987 qu’une espèce d’Hynobius, pondant en eau stagnante, est découverte au Japon.

Cette espèce, endémique d’une très petite zone dans la préfecture d’Aichi, non loin de la ville de Nagoya, est malheureusement déjà très menacée. La destruction de son habitat, notamment par l’urbanisation et par des activités humaines, ainsi que sa capture par des collectionneurs sont les principales menaces qui pèsent sur elle. Néanmoins, les autorités japonaises sont très précautionneuses vis-à-vis de leurs salamandres. Elles n’hésitent pas à en nommer certaines « monuments nationaux », et à punir lourdement ceux qui voudraient les capturer. Ce n’est malheureusement pas le cas dans le reste des pays d’Asie. Ainsi, les efforts restent très marginaux, voire inexistants, et la consommation de salamandres fait partie de la culture locale.

RS

Plus d’info : ici