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Aujourd’hui, je suis allé voir le nouveau film de Jacques Perrin et Jacques Cluzaud, Les Saisons. Le film est superbe : les scènes de vie sauvage, entre les loups chassant, les ours se battant ou les chevaux galopant, sont sublimes. La musique n’a rien à envier aux images, et d’ailleurs je vais certainement essayer de me procurer la BO pour m’accompagner dans mon travail.

Néanmoins, je vais me permettre de souligner deux défauts. Le premier, c’est qu’évidemment, on ne voit pas assez de salamandres. La place occupée par la plus belle créature de nos forêts se limite à une scène d’une seconde, où une salamandre, de dos, entourée de grenouilles, sort profiter de la pluie. Même l’escargot, en très gros plan sur la scène suivante, occupe une place plus importante.

Le second défaut de ce film n’en est pas vraiment un. Mais quelque chose m’a un peu gêné. Quand j’ai entendu parler de ce film, j’ai été séduit par l’angle choisi par les réalisateurs : raconter l’histoire du continent européen, vu par les animaux. Mais ce n’est pas réellement ce que j’y ai vu. Si l’on parle d’histoire géologique, alors oui, en effet, mission accomplie. On voit le passage de l’âge de glace à l »âge d’or de la forêt », puis l’intervention de l’homme qui, en tant que « force géologique », va modifier le paysage. Mais justement, l’intervention de l’homme est assez artificielle et assez décousue par rapport au reste du film.

J’ai eu l’impression de voir un bon James Bond : des scènes fantastiques, des cascades, une superbe femelle sanglier dans le rôle de la James Bond girl, mais un scénario et un message finalement assez banaux. Oui, détruire la nature c’est mal. Oui, il faudrait qu’on préserve un peu plus nos « compagnons de planète ». Mais au delà de cela, le film me laisse l’impression d’un travail remarquable, d’une qualité technique et d’une connaissance du monde animal très fines, mais de peu de prise de risque et de position.

Bien sûr, et comme nous le rappellerait Philippe Destouches, la critique est aisée, mais l’art est difficile. Effectivement, les vidéos d’animaux que j’essaye de prendre sont nettement moins impressionnantes. Mais il reste que j’aimerais voir un renouveau du genre du documentaire animalier, avec une dimension plus politique, dans le sens le plus noble du terme. Une sorte de lien entre ces superbes images et notre vie de tous les jours, dans ses dimensions économique, culturelle ou sociale. Mais en attendant que moi, ou quelqu’un d’autre, trouve la solution à ce problème, je recommande ce film, qui reste l’un des meilleurs du genre.

RS